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 sadness is for everybody /pualani

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Keawe Jones

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Message Sujet: sadness is for everybody /pualani   Sam 8 Sep - 16:06

sadness is for everybody
Il a le crâne fatigué et le reste des os broyés par la course effrénée qu’a été sa journée. Le corps est lourd, l’âme esseulée. Parce qu’en rentrant, il n’aura aucune silhouette pour lui sourire, aucune oreille pour entendre sa peine. Keawe est fatigué de cette solitude qui lui pèse sur les épaules. Un autre échec qu’il ne parvient pas à avaler. Le silence de la petite maison qu’est la sienne lui fou le cafard plus encore que de savoir qu’il est détesté de tous. Les couleurs de ses peintures qui autrefois lui donnaient le sourire sont devenu des rires qui se moquent de son visage d’homme éreinté. Il ne pensait pas qu’avoir un vrai travail serait aussi dur. Tenir son bar n’était rien par rapport à ça. Fini les rires entre amis, les cocktails inventés à trois heure du matin, les danses ivres sur le sable encore chaud. Son uniforme lui serre la gorge. Il passe devant le miroir, Jones, et il rit, las. Ce n’est pas lui, ça, la cravate bien droite et la chemise dans le pantalon. Qu’est-il donc allé foutre là dedans. Animal en cage, comme s’il n’avait rien d’autre à foutre que de devenir une bête de cirque dans son costard sombre. Elle est où, sa liberté ? Son envie de mieux ? Disparue avec la fatigue des années qui passent. Pas la force de partir pêcher avec les autres et ramener des morceaux de plastiques et des oiseaux morts. Pas la force de retourner à la base militaire, d’y trouver un truc à faire, un couloir à nettoyer ou des vestes à repasser. Pas la force de quitter Ohana, de quitter la maison. Il en a toujours eu peur, Keawe, de l’ailleurs. Du loin. Un soupire et il repart, il quitte la demeure. De toute façon, tout le monde fini toujours par abandonner ces murs qu’il s’efforce de garder solides. Comme s’il n’était pas fait pour le foyer. Il hésite un instant, planté là devant sa maison. Aller chez sa grand-mère ? La vieille a beau être dure d’oreille, il est toujours plaisant de la voir. Enfin, avant. Il sait l’homme que si la femme apprend pour son nouvel emploi, elle ne voudra plus jamais lui adresser la parole. Ça lui briserait le coeur que de la perdre, elle aussi. Keawe a toujours été un homme de famille. Et sa famille, c’est Ohana. Une Ohana qu’il connait sur le bout des doigts, dont il sait les recoins et les sourires. Quarante-cinq années qu’il hante les rues, qu’il parle, qu’il rit, qu’il chante. Qu’il vit. Des années balayées par un monde trop grand pour lui. À quoi bon payer des factures et suivre des règles si c’est pour se rendre malheureux, d’abord. Complexe existence qu’il tente tant bien que mal de suivre comme il suit ses pieds qui le trainent dans les rues du village. Il y a bien longtemps qu’il a vendu la voiture, histoire de payer l’électricité d’un bar qui n’est plus rien qu’une case à l’abandon. Un nouveau soupire. Cette vie entourée de ceux qu’il aime lui manque. Alors, il a une idée. Une idée stupide, une idée qui risque de le descendre plus bas que terre encore. Mais une idée qu’il se sent obligé de suivre. Comme si de rien n’était. Comme si sa vie en dépendait. Ce soir, il sort. Il va manger au Hale Kapua, comme avant. Il va s’asseoir au milieu des autres habitués et manger en riant de bon coeur avec les autres. Oublier qu’il n’est plus autorisé à être l’un des leurs. La tête haute qu’il entre dans le petit restaurant. Et puis la nervosité revient, et le silence s’installe dans sa bouche constamment pleine. Il ne salut les autres que d’un signe de la tête et prend place. Ces autres, il les aurait salué individuellement, mettant une éternité à discuter à chaque table du chat de l’un, du travail de l’autre, des enfants du troisième. Mais les temps changent. Du coin de l’oeil, il cherche Pualani sans la trouver. Il ne l’a pas revu depuis son embauche. Il n’espère rien de sa part. Il n’arrive pas à imaginer autre chose que sa colère. Mais il se doit d’essayer, c’est vital.

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Pualani Kapua
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Message Sujet: Re: sadness is for everybody /pualani   Jeu 27 Sep - 20:39

Le restaurant fait salle comble et Pualani n’a pas une seule minute à elle. Elle est affairée en cuisine à préparer ses meilleures recettes pour essayer de séduire les clients. Depuis qu’elle a ré-ouvert le restaurant il y a quatre ans et demi, elle a choisi de ne pas prendre de commis de cuisine tout simplement parce qu’elle a peur de voir ses recettes familiales qu’elle tient de sa grand-mère, être transmises à n’importe qui. Alors qu’elle prépare ses célèbres pupus, ces amuses bouches hawaiens, on la prévient que Keawe vient d’entrer dans le restaurant. Elle avait juré que s’il remettait les pieds ici, elle saurait l’accueillir. Un vieil ami qu’elle voyait comme un traître parce qu’il avait décidé de travailler pour le diable : à savoir le turtle bay resort. Pualani ne rigole pas lorsqu’il s’agit de préserver son île et elle n’a absolument pas digérer le fait que le quarantenaire travaille pour l’hôtel qui vise à détruire l’endroit qu’elle aime le plus au monde. Elle a bien compris qu’il a des problèmes d’argent mais pour elle ce n’est pas une raison valable pour pactiser avec le diable en personne. Elle jette brusquement son tablier sur le comptoir de la cuisine et déboule comme une flèche dans la salle. Heureusement pour elle, les clients sont beaucoup trop concentrés dans leur conversation pour remarquer son entée fracassante, seuls quelques regards se risquent à comprendre ce qu’il se passe. Elle s’approche alors de son ancien ami. « Alors quoi tu n’as pas suffisamment à manger au turtle ? » lance-t-elle bien décidée à lui faire comprendre qu’il n’est plus le bienvenu ici. « Si tu veux j’ai un plat délicieux à te proposer, juste là » elle montre une ligne au hasard sur la carte de son restaurant. « Ça s’appelle le couteau dans le dos, c’est pas terrible mais je suis sûr que tu t’en contenteras, vu qu’apparemment tu n’es pas très regardant sur les choses » elle plaça ses mains sur ses hanches, le regard noir, elle avait envie de lui faire payer sa décision. Nombreux avaient été ceux qui finalement avaient accepté un job au turtle, une initiative que Lani ne comprenait absolument pas. Comment pouvaient-ils se définir comme des Ohaniens s’ils acceptaient que l’on rompt les accords passés il y a plus de 50 ans ? Elle referma la carte. « Je ne sais pas ce que tu espérais en venant ici mais il est hors de question que je te serve quelque chose. » dit-elle déterminée. Cela pouvait paraître injuste mais Lani est quelqu’un de passionné et elle prend très à coeur les choses, elle peut tout aussi bien vous aimer à la folie comme vous détester pour quelque chose que vous avez fait.

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